Hier un axe austère et déserté, aujourd’hui une ligne verte et vivante. Située en bordure de Manhattan, la promenade suspendue de la High Line doit sa métamorphose en espace public à la persévérance d’une association de riverains, qui a su convaincre la municipalité de réhabiliter une ancienne voie ferrée menacée de destruction. Construite dans les années 1930, à l’abandon depuis 1980, cette ligne aérienne de 2,3 km de long a fait l’objet d’une rénovation exemplaire. Entre défi d’urbanisme, réussite paysagère et performance environnementale, la High Line propose à qui l’emprunte de se soustraire quelques instants au tumulte des rues new-yorkaises. Une parenthèse de quiétude que le photographe Iwan Baan – passé maître dans l’art de saisir la présence humaine dans les ensembles architecturaux – choisit de nous montrer, en une série d’instantanés. Flânerie horizontale dans la ville verticale.





Dans les prises de vue d’Iwan Baan, la présence humaine est une constante, presque une signature. Rien de plus naturel, à première vue. Pourtant, appliquée à la photographie d’architecture, genre habituellement dominé par la représentation de bâtiments isolés et sans âme qui vive, la démarche a de quoi surprendre. « Je m’efforce de questionner systématiquement les rapports qu’entretiennent les individus avec les environnements bâtis », ajoute le photographe pour justifier ce regard ouvert, attentif aux détails et au mouvement, qu’il pose sur les créations architecturales. Cette approche à contre-courant, directement inspirée de la photographie documentaire, lui vaut d’être aujourd’hui sollicité par les plus grands noms de l’architecture contemporaine : Rem Koolhaas, Herzog & De Meuron, Zaha Hadid, Toyo Ito ou encore l’agence Diller Scofidio + Renfro. C’est à la demande de cette dernière que le photographe a, dès 2009, suivi les étapes de la réhabilitation de la High Line. En septembre 2014, Iwan Baan était à nouveau à New-York pour immortaliser son achèvement. Avant de s’envoler pour une autre destination, au rythme soutenu qu’il s’est imposé pour « capter la vie » dans le patrimoine architectural du monde entier.
Bio
Né en 1975 aux Pays-Bas, Iwan Baan débute en tant que photographe documentaire. Une rencontre décisive avec son compatriote Rem Koolhaas oriente son objectif vers la photographie d’architecture. Le succès est au rendez-vous et il devient une figure majeure de cette discipline. Très attaché à décrire la façon dont les communautés s’approprient un habitat et le transforment, il nourrit aussi des projets personnels, consacrés à l’aménagement d’une tour inachevée à Caracas ou au quotidien d’une ville sur l’eau au Nigéria.
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© Photos : Iwan Baan
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