L’élévation du niveau des océans, par leur réchauffement et la fonte des glaciers terrestres, est une conséquence directe de l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre. Progressant chaque année de plus de 3 mm, la montée des eaux pourrait ainsi dépasser un mètre d’ici à la fin du siècle, selon des prédictions sans cesse revues à la hausse. Les petits états insulaires du Pacifique et de l’océan Indien, comme les Maldives, seraient les premiers à disparaître. Mais partout dans le monde, des populations, vivant sur un littoral souvent surexploité, sont aussi menacées par l’érosion, les tempêtes et les inondations. À la demande du National Geographic, George Steinmetz s’est rendu dans les zones les plus sensibles, pour témoigner du caractère inexorable de ce phénomène planétaire et des moyens déployés pour s’y adapter. Son travail photographique est une invitation à prendre de la hauteur pour mieux mesurer les effets du changement climatique.




Pour sillonner la planète depuis plus de trente ans, George Steinmetz sait combien elle est fragile. Si le photographe américain affectionne par-dessus tout de survoler des paysages à couper le souffle, à la recherche d’angles inédits de prise de vue, il est également soucieux d’en révéler la nature éphémère ou menacée. « La plupart des phénomènes qui affectent notre environnement ne sont pas visibles du sol, alors que d’en haut, leur réalité saute aux yeux », rappelle-t-il. Sa spécialité, la photographie aérienne, se prête bien à son intention : prendre de l’altitude pour y voir plus clair. C’est la raison qui a décidé ce familier des hauteurs à se pencher sur l’élévation du niveau des océans. Les reportages qui lui sont confiés l’emmènent des Pays-Bas aux archipels de l’Asie-Pacifique, en passant par la Russie et la côte Est des États-Unis. D’un endroit à l’autre, les vues de George Steinmetz révèlent la diversité des démarches engagées pour tenter de contrer la montée des eaux… ou mieux l’ignorer, au profit d’intérêts économiques à court terme, comme en Floride. « Il est troublant de constater encore une absence de réaction, voire du déni, à l’égard du phénomène », déplore le photographe. Nul doute que le sujet auquel il se consacre actuellement – les besoins alimentaires croissants de l’humanité, autre problème d’ampleur mondiale – soulèvera d’autres interrogations.
Bio
À la fin des années 70, alors qu’il est étudiant en géophysique à Stanford, George Steinmetz rompt avec le confort de sa Californie natale pour sillonner l’Afrique en stop, appareil photo en main. Depuis, c’est non-stop que ce collaborateur régulier du National Geographic et de Geo, primé par deux World Press Photo, arpente les coins les plus reculés de la planète. Il se passionne notamment pour les environnements arides, qu’il a photographiés durant quinze ans, depuis son paramoteur.
Planet #8, magazine corporate du Groupe Veolia
© Photos : George Steinmetz
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