À lui seul, l’éclairage représente 15 % de la consommation électrique globale et 5 % des émissions mondiales de CO2. Pourtant, si toute la planète adoptait les normes les plus strictes en la matière, la consommation d’énergie associée à cet usage pourrait diminuer de moitié. Pour y parvenir, l’abandon total des ampoules à incandescence au profit d’un éclairage plus durable est une priorité. L’ONU environnement s’est engagée à accompagner – et accélérer – cette transition avec la mise en œuvre, dans les pays partenaires, d’une « politique intégrée d’éclairage efficace » baptisée en.lighten. Le Chili s’est appuyé sur ce modèle pour faire évoluer le cadre légal d’utilisation des ampoules. Mais aussi, sensibiliser la population, en distribuant notamment deux millions d’ampoules nouvelles technologies aux communautés à bas revenus. À la demande de l’agence Magnum, Moises Saman s’est rendu dans la capitale du pays pour témoigner de cette initiative. Ses images montrent qu’un geste aussi banal que le changement d’une ampoule a déjà le pouvoir d’améliorer le quotidien.




Comme Moises Saman, il faut parfois attendre l’obscurité pour voir les choses se révéler. C’est à la nuit tombée que le photoreporter s’est faufilé dans les quartiers sud de Santiago du Chili, à la rencontre des habitants de Lo Espejo. Dans cette commune défavorisée, où de nombreuses familles vivent dans l’unique pièce de leur maison de fortune, s’éclairer reste un luxe. En s’invitant dans ces foyers récemment équipés en éclairage basse consommation, Moises s’est interrogé sur leur quotidien. « Quand il n’y a pour toute lumière qu’une ampoule à filament au plafond, il peut nous sembler dérisoire de la remplacer par un modèle moins énergivore. Mais quand on peine à joindre les deux bouts, c’est une économie notable », constate-t-il. Ces visages qui s’illuminent n’ont, de fait, rien d’anecdotique : ils témoignent avec sincérité de l’amélioration des conditions de vie. De portraits intimistes en scène de la vie locale, le photographe a capté ces imperceptibles signes de changement, avec la simplicité et l’intensité du noir et blanc. Pour mieux, dit-il, « se concentrer sur la vérité de l’instant », celui où tout s’éclaire : il se souviendra longtemps « de cet homme dans la pénombre de sa boutique, et de sa joie, lorsqu’il a vissé l’ampoule qu’il venait de recevoir ».
Bio
Né au Pérou en 1974, Moises Saman a grandi en Europe avant de s’installer en Californie pour y étudier la sociologie. En 1998, la découverte du travail de photoreporters sur la guerre des Balkans déclenche sa vocation. Depuis, ses photos multi-primées des conflits au Moyen-Orient et des printemps arabes ont fait le tour du monde. Membre de l’agence Magnum, il vit à Tokyo et se consacre à mettre en image les problématiques des sociétés post-conflit en Asie.
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© Photos : Moises Saman. Les images de Moises Saman sont issues d’un travail de groupe, réalisé pour l’ONU Environnement : pendant plusieurs années, différents photographes Magnum ont sillonné le monde, à la découverte de solutions locales pour lutter contre le changement climatique.
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