Météo et santé

Tous affectés par le temps qu’il fait ?



Se sent-on vraiment mieux lorsque le soleil est de la partie ? Doit-on craindre l’arrivée de l’humidité lorsqu’on a des rhumatismes ? Pourquoi le Foehn, vent chaud et sec, est-il redouté des migraineux ? Ces questions illustrent l’intérêt que nous portons aux effets de la météo sur notre santé.

Dans son Traité des airs, des eaux et des lieux, Hippocrate, père de la médecine, se préoccupait déjà des effets du temps sur ses concitoyens. Malgré une prise en compte ancienne, la science s’est longtemps tenue éloignée de l’étude de cette relation particulière, qui a davantage fait le creuset de croyances populaires… En témoigne l’influence supposée de la pleine lune sur les accouchements, jamais prouvée scientifiquement. 

Tous météosensibles, à des degrés divers

Pression atmosphérique, pic de chaleur, froid soudain… Les variations météo viennent nous rappeler notre condition de « baromètres humains ». Notre relation à notre environnement nous rend naturellement météo-sensibles, c’est-à-dire voués à nous adapter au temps qu’il fait, avec des effets variables selon les individus. Un changement de temps peut passer inaperçu chez les uns, tandis qu’une transition saisonnière sera ressentie chez les autres. En somme, tout dépend du terrain de chacun : la météo-sensibilité s’expliquerait par des facteurs comme l’âge et certaines prédispositions comme une fragilité de la glande surrénalienne ou de la thyroïde. La dimension psychologique n’est pas non plus à exclure : « Si nous sommes tristes quand il pleut, c’est qu’il y a un lien », relève la psychologue clinicienne Johanna Rozenblum, en pointant du doigt notre tendance à valider des croyances auto-réalisatrices. 

Entre météo et santé, toute une science

Ces trente dernières années, une discipline s’est emparée du sujet en proposant d’expliquer l’occurrence de certains phénomènes cliniques, à la lumière des variations de température et de pression, de la force des vents ou de l’hygrométrie. « Les travaux que nous menons en biométéorologie se concentrent sur des risques comme les températures extrêmes, les UV et les pollens, afin d’établir des mesures de prévention et des recommandations sanitaires à l’adresse du public », explique Jean-Claude Cohen, Coordinateur météo et santé à Météo France. Les bulletins d’informations des experts de Météo France contribuent à alimenter l’information sanitaire lorsqu’un événement à risque pour la santé – chaleur extrême, vague de froid, épisode venteux – se profile. Cette discipline fondée sur l’analyse statistique conduit ainsi à des collaborations avec les services hospitaliers, le Samu, Santé Publique France ou le Ministère de la Santé dans le cadre du Plan National Canicule.

La météo rend-elle malade ?

La météo est-elle pour autant source de pathologies, comme peuvent le suggérer la saisonnalité des épidémies de grippe ou les pics de fréquentation des urgences par forte chaleur ? Effet du vent sur la migraine, incidence de la pollution sur l’asthme, conditions orageuses et infarctus… Des liens existent, avec des risques épidémiologiques mis en évidence par diverses études. Ainsi, d’après le travail de chercheurs allemands1, une chute de 2,9 °C de la température hivernale peut augmenter le risque d’accident cérébral de 11 %. Sur l’influence du temps pluvieux sur les rhumatismes, suspectée depuis des siècles, une équipe de l’université de Manchester a levé un pan du voile : humidité, vent fort et basses pressions augmentent de 20 % les douleurs arthritiques2 activées, selon d’autres chercheurs, par des baro-récepteurs au sein des tendons et articulations. Toutefois, l’absence de consensus sur la plupart de ces phénomènes incite à la prudence, avertit le Dr. Jean-Sébastien Marx, responsable de la régulation du Samu de Paris : « Hormis pour des pathologies comme le mélanome, imputable à l’action du soleil, les rapports de causalité entre météo et santé ne sont pas validés scientifiquement. Cela dit nous gardons bon espoir, en confrontant les données toujours plus fiables des prévisions météo à des études cliniques d’ampleur, de prouver ces liens qui nous paraissent si évidents ».

Touchant près de 20 % de la population adulte*, la migraine est une des affections les plus météo-sensibles. Parmi les facteurs incriminés : les variations de températures les jours précédant une crise, les effets d’une baisse de la pression atmosphérique sur les sinus et l’oreille interne, les ondes électromagnétiques produites par les orages, les vents secs, suspectés de stimuler les points névralgiques autour du cou, mais aussi la pollution pour son action sur la dilatation des vaisseaux sanguins. 

1- La Jena University Hospital de Thuringe, dont les résultats ont été publiés dans le Journal Européen d’Épidémiologie en juillet 2015. 2- L’étude Cloudy With A Chance Of Pain a été réalisée en collectant durant 15 mois, via une appli, les données de 2658 patients souffrant d’arthrite, fibromyalgie, migraines et douleurs neuropathiques. npj Digital Medecine, 2019.


Interviews

Comment a évolué la prise en compte du risque météo, vis-à-vis de la santé ?

La canicule de 2003 a constitué un tournant majeur dans la prise en compte des enjeux de santé en lien avec la météo. Auparavant les risques étaient connus, sans qu’on sache vraiment comment agir. Depuis, une nouvelle culture de l’information a émergé, comme l’illustrent la mise en place du Plan National Canicule et des 4 niveaux de la vigilance météo pour les phénomènes extrêmes (tempêtes, grand froid, orages violents). 

La biométéorologie est une discipline récente : comment fait-elle le trait d’union entre météo et santé ?

La biométéorologie se propose de faire le lien entre prévisions météo et données cliniques, dans un souci de prévention et d’adaptation des services médicaux. Nous nous appuyons sur nos compétences pour établir des correspondances statistiques. Insistons sur le fait qu’entre météo et santé, il y a avant tout une corrélation, et non un rapport de cause à effet. La météo est en somme la goutte d’eau qui fait déborder le vase chez les individus prédisposés à certaines pathologies.


Comment vivre mieux avec les variations météo quand on y est sensible ?

Plus on se connaît, mieux on s’adapte. Je recommande aux personnes météo-sensibles de mettre en place un « monitoring » personnel, en notant au jour le jour les phénomènes météo en relation avec sa propre santé : apparition des pollens et difficultés respiratoires, survenue du froid et rhumatismes, etc. De nombreuses applis pour smartphone proposent par ailleurs de suivre l’évolution des facteurs d’influence sur la santé comme le vent, l’humidité, les allergènes.

Quels sont les effets de la lumière sur notre comportement ?

La lumière synchronise notre horloge biologique en indiquant à notre cerveau qu’il est l’heure de se réveiller et de rester vigilant. Pour ce faire, elle inhibe la production de mélatonine, la célèbre « hormone du sommeil ». La lumière vive produit par ailleurs un effet bénéfique sur notre humeur et notre énergie en accentuant l’effet de la sérotonine, un puissant neuro-transmetteur. 

Comment se déroule une cure de luminothérapie ?

Rappelons que la luminothérapie est un traitement de la dépression saisonnière scientifiquement reconnu depuis plus de 40 ans. Cette technique, également utile aux travailleurs de nuit pour se resynchroniser et mieux dormir en journée, contribue aussi à prévenir le syndrome prémenstruel. Il est conseillé de débuter une cure avant l’apparition des premiers symptômes, dès fin août ou début septembre. Le traitement consiste à s’exposer chaque matin pendant 30 minutes, les yeux ouverts, devant une lampe spécifique diffusant une lumière intense. Une cure assidue commence à faire effet au bout d’1 à 2 semaines. Il est alors possible de réduire la durée des séances, jusqu’au retour du printemps.

Quels sont vos conseils pour mieux vivre la période hivernale ? 

Il faut s’exposer un maximum à la lumière naturelle, en travaillant près d’une fenêtre et en sortant le plus possible. La consommation d’écrans est aussi à surveiller, les ondes bleues qu’ils émettent pouvant perturber l’entrée dans le sommeil. Enfin, tout supplément en vitamine D et en omega-3 est le bienvenu.

En savoir plus : www.dusoleilpleinlatete.com


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